Le Grenelle de l’environnement représente un chantier considérable. De nombreux projets sont en cours, mais il est difficile de prévoir quelles seront leurs retombées. Comment la France atteindra-t-elle ses objectifs avec les mesures prises ? Quels en seront les impacts économiques et sur l’emploi ? Pour répondre à toutes ces questions, le MEEDDAT a demandé une évaluation de l’impact des quinze programmes prévus par le Grenelle.
Au début de l’année, le ministère de l’Ecologie a mandaté le cabinet Boston Consultant Group pour une évaluation des mesures déjà en cours du Grenelle (bâtiments, transports, énergie…). Il en ressort que les 15 grands programmes mis en œuvre participent à la relance de l’économie de manière substantielle « en générant une activité sur 12 ans d’environ 450 milliards d’euros financés à hauteur de 170 mds par l’Etat et les collectivités territoriales », ont déclaré les experts du Boston Consultant Group (BCG)
Le Grenelle de l’environnement est le point de départ de la mobilisation de la société française pour inscrire son développement dans une perspective durable. Pour la première fois, l’Etat et les représentants de la société civile se sont réunis afin de définir une feuille de route en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables.
600 000 nouveaux emplois d’ici 2020
Première conclusion du BCG, le Grenelle de l’environnement sera à l’origine de plus de 600 000 créations d’emplois en moyenne entre 2009 et 2020. Le bâtiment, les infrastructures et les énergies renouvelables profiteront particulièrement de ces nouveaux emplois. « Si on a un deuxième train de mesures liées à de nouvelles technologies d’ici trois ans, la pente ascendante des créations d’emplois pourrait très bien rester constante », a précisé le ministre de l’Ecologie.
Autre constat de cette étude : les projets du Grenelle devraient coûter 450 milliards d’euros, dont 170 milliards supportés par l’Etat et les collectivités. Près de 45% des activités liées au Grenelle sont autofinancées. « On est là clairement sur une croissance verte, même s’il est impossible de dire qu’elle permettra de compenser les pertes dues aux autres secteurs », a souligné Jean-Louis Borloo.
Les impacts environnementaux du Grenelle
Les études montrent que les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 24% dans l’Hexagone entre 2007 et 2020. Cela représente environ 128 millions de tonnes équivalent CO2 par an en 2020, sur 523 millions de tonnes de GES émises en 2007. D’après le BCG, les mesures engagées pour le Grenelle contribueront à cette baisse à hauteur de 14%. La moitié sera due au remplacement de l’énergie thermique par les énergies renouvelables.
Le Boston Consultant Group a dégagé d’autres impacts environnementaux. Ils sont simplement plus difficiles à quantifier. Par exemple, l’étude montre que les projets du Grenelle permettront une meilleure préservation de la biodiversité ou encore une diminution des pollutions aux métaux lourds. Les experts américains prévoient également une amélioration de qualité des cours d’eau et de l’air.