Pour la première fois de l’histoire, le Tour de France a signé un partenariat avec une région pour organiser le Grand Départ. Ce ne pouvait être qu’avec la Bretagne.
Jean-Yves Le Drian, président de la Région, et Christian Prudhomme, le patron du Tour, sont vite tombés d’accord. « La Bretagne voulait le Tour, le Tour voulait la Bretagne ! », répètent les deux hommes depuis l’officialisation du Grand Départ de Bretagne. Une première dans l’histoire de la Grande Boucle. Jamais l’organisation du Tour de France n’avait, en effet, passé un accord avec une région. « La Bretagne est fière d’être la première à accueillir un grand départ », se félicite le président de la Région.
La Bretagne et le Tour, c’est un mariage de raison. A l’heure où le cyclisme et son épreuve phare traversent des moments difficiles, ce choix s’est imposé naturellement. Le Tour n’est jamais aussi vivant qu’en puisant dans ses racines. Et au pays de Bobet et d’Hinault, la plus grande course du monde est comme à la maison.
« La Bretagne est une terre historique de vélo, terre de grands champions, rappelle Le Drian. C’est notre identité. Le cyclisme fait partie de notre culture, avec 9 200 licenciés et 174 clubs. Le vélo, c’est naturellement breton. Et c’est au moment où les difficultés sont là que les amis doivent être présents. Quand le sport que nous aimons est menacé, on doit resserrer les rangs autour de lui. Nous sommes les amis du vélo et du Tour de France. Nous devons relever le défi. »
Un défi relevé par une région, quatre départements, et cinq villes. Du Finistère à l’Ille-et-Vilaine, du Morbihan aux Côtes-d’Armor, à Brest, Plumelec, Auray, Saint-Brieuc, Saint-Malo, et dans toutes les communes traversées, la Bretagne promet « trois jours de sport, de fête, de convivialité » poursuit Jean-Yves Le Drian. « C’est l’occasion de montrer nos atouts. »
« Un grand départ du Tour en Bretagne, c’est une garantie de succès », ajoute, pour sa part, Christian Prudhomme. Depuis l’après-guerre, toutes les éditions qui se sont élancées de la région ont marqué l’histoire de la Grande Boucle. En 1952, de Brest, pour la deuxième victoire de Fausto Coppi. En 1964, de Rennes, pour la cinquième victoire de Jacques Anquetil. En 1974, de Brest encore, pour le cinquième succès d’Eddy Merckx. En 1985, de Plumelec, pour la cinquième victoire de Bernard Hinault. Et en 1995, de Saint-Brieuc, pour le cinquième sacre de Miguel Indurain. « Un Tour qui s’élance de Bretagne ne peut couronner qu’un géant, ajoute Prudhomme. Cette année, ce n’est pas un coureur qui gagnera son cinquième Tour de France, mais on espère un nouveau champion qui représente les valeurs du cyclisme. » Qui sont aussi celles de la Bretagne.
Gérard GOURMELON.
Ouest-France